Voyager en Inde & en Asie

En voyage, l'essentiel n'est pas la destination, mais le chemin parcouru pour y parvenir.

Voyager en fauteuil roulant

Avant tout, voyager avec un handicap nécessite de bien se connaître… Personne, mieux que vous, ne sait ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire!

Pas question, en effet, de vous surestimer sous peine de graves déconvenues (surtout s’il s’agit d’une maladie), ni de vous sous-estimer pour éviter toute frustration.

Avec un peu de réalisme, le voyage est majoritairement compatible avec le handicap, même dans des contrées très lointaines, si on le prépare bien (un peu plus que la moyenne des voyageurs, j’en conviens!).

Il faut aussi savoir accepter qu’on ne peut pas toujours tout faire comme les autres… Mais quelques instants magiques avec des habitants du pays valent parfois bien plus que monter à pied au dernier étage d’un édifice.

Je voyage pas mal avec mon fauteuil roulant, dans des pays plus ou moins lointains, et me suis donc confrontée à quelques petits problèmes facilement évitables… quand on sait s’y prendre.

EN AVION

Si vous voyagez en avion, prenez le temps de bien regarder les conditions particulières à chaque compagnie aérienne. Certaines ont des politiques avantageuses pour les personnes en situation de handicap (comme Air France et son service Saphir), alors que d’autres, au contraire, ne prennent absolument pas en compte cette spécificité.

Précisez toujours que vous êtes en situation de handicap, pour bénéficier de l’assistance et suivre les modalités propres à chaque compagnie.

Pensez donc à vous informer sur les points suivants:

Gratuité du fauteuil

La compagnie transporte-t-elle gratuitement les fauteuils roulants? Si oui, combien de fauteuils gratuits accepte-t-elle par vol ? Certaines compagnies en effet, comme British Airways, Turkish Airlines ou Air France, n’acceptent que deux fauteuils roulant gratuitement, tandis que d’autres, comme Etihad, n’en prennent qu’un seul.

Bagage supplémentaire

Certaines compagnies, comme Air France, vous permettent même d’emporter un bagage supplémentaire de 20 kg (ou parfois 23 kg) pour transporter votre équipement médical. Pratique lorsqu’on doit partir, comme moi, avec une valise entière de médicaments, une pompe pour gonfler les roues du fauteuil, des béquilles, des embouts de rechange, un appareil «tense» anti douleur, etc.

Mais là encore, il faut être vigilant. L’offre du bagage supplémentaire gratuit est alléchante, c’est vrai. Mais parfois, vu les prix élevés de certaines compagnies, comme Air France par exemple, mieux vaut encore payer un bagage supplémentaire. Le prix total du billet, comme lors d’un de mes voyages sur British Airways, était nettement moins élevé avec le bagage supplémentaire payant que le billet Air France avec le bagage supplémentaire gratuit!

Le fauteuil en avion

Donnez bien les dimensions, poids, type etc. de votre fauteuil à la réservation.

Si votre fauteuil est électrique ou contient une batterie, prévenez toujours la compagnie au moment de la réservation, et n’hésitez pas à le préciser à nouveau au moment de l’enregistrement. Rien de plus gênant et humiliant, en effet, que de retarder tout l’avion de plusieurs heures parce que le commandant de bord veut vérifier vos batteries au lithium. Pour l’avoir vécue, cette expérience n’est à souhaiter à personne.

Vous pouvez demander à garder votre fauteuil personnel jusqu’à votre entrée dans l’avion. On ne vous le proposera pas toujours, mais c’est pourtant toujours plus agréable d’attendre dans son propre fauteuil, plutôt que dans une chaise «aéroport» standard, peu confortable! De plus, en cas de transit, vous récupérerez le vôtre, puisqu’il aura été mis dans la soute en dernier, et que l’assistance vous attendra à votre descente d’avion avec. Un plus non négligeable lors des longs transits!

Assistance

D’autre part, soyez conscient que si vous optez pour la chaise «aéroport», un préposé restera à vos côtés pendant toute l’attente, que ce soit avant l’embarquement ou en transit, car il n’a pas le droit, en principe, de vous laisser seul avec ce «fauteuil» pour des question de responsabilité. Cela peut être pratique si vous n’êtes pas du tout autonome, mais très vite gênant quand on veut faire seul son petit shopping au «duty free» ou simplement se rendre aux toilettes.

Ne pas oublier de demander une assistance, même si vous voyagez à plusieurs. Une personne désignée vous prendra en charge et vous passerez ainsi par les ascenseurs, navettes, etc. afin de ne pas vous heurter à un itinéraire non accessible. Mais n’hésitez pas à demander à cette personne de ne pas pousser votre fauteuil, si vous le souhaitez. Certains vous le demanderont spontanément, d’ailleurs.

Ce système sera mis en place au départ, mais aussi à l’arrivée. Du coup, la procédure est un peu plus longue que pour les personnes «valides» (d’autant que vous sortirez les derniers de l’avion à l’arrivée), mais soyons positifs: vous attendrez moins longtemps vos bagages.

MEDICAL

Avant le départ, les précautions d’usage s’imposent, en plus approfondies même.

Département des «maladies tropicales »

Je vous recommande vivement de vous adresser au service «maladies tropicales » de l’hôpital le plus proche de votre domicile, par téléphone dans un premier temps. Ils pourront alors faxer à votre médecin traitant les vaccins recommandés, ou vous demander de passer en cas de maladie particulière. Plusieurs avantages à cela, que voici.

Ils sont au courant en temps réel des épidémies et maladies dans le pays visité, et même quelles sont les régions touchées. Cela évite de faire des vaccins ou de prendre des traitements inutiles. Cela n’est jamais anodin, car les effets secondaires peuvent parfois vous gâcher le voyage. De plus, cela permet de conserver l’efficacité des médicaments pour les cas sérieux.

Vaccins

Sachez que si votre handicap relève d’une maladie, il est encore plus recommandé de passer par l’hôpital. Certains vaccins (choléra, rage, encéphalite japonaise etc.) sont fort déconseillés, voire interdits, avec certaines pathologies, mais votre médecin traitant ne le sait pas toujours (j’ai eu le cas moi-même…).

Traitement médical

En plus de la trousse du «voyageur», attention à votre traitement médical habituel. Assurez vous, avec votre médecin traitant, de vous faire une ordonnance traduite en anglais, ou au moins de mentionner le nom des molécules à côté du nom de chaque médicament. Cela peut être utile aux douanes, mais aussi en cas de problème de santé sur place. Le nom des médicaments étant différent dans chaque pays, seul le nom de la molécule permet de savoir quel est le traitement du patient.

Cela est d’autant plus utile aux douanes lorsque vous voyagez avec des traitement lourds, ou avec des médicaments classifiés «stupéfiants» (morphine par exemple). [Attention : certains pays comme l’Iran interdisent strictement les opiacés, même à des fins thérapeutiques. ndlr].

Bien sûr, pensez à bien calculer pour que votre traitement couvre la totalité de votre séjour, en prenant deux ordonnances, si nécessaire (pour les traitements morphiniques de 28 jours par exemple).

Pour transporter vos médicaments, le mieux est de les prendre avec vous en bagage à main, mais faites attention à la législation sur les liquides. Ainsi, pas de problème en cas de retard ou de perte. Personnellement, j’en prends même pour trois ou quatre jours dans mon sac à mains. Il y a peu de chance que j’égare ou oublie la valise ET le sac durant un déplacement.

Ordonnances

Je vous conseille de faire une photocopie de toutes vos ordonnances, que vous rangerez dans un autre endroit que les originales et que vous conserverez avec vous, en cas de perte.

HOTELS

Là encore, le principe de précaution est roi. Pour éviter toute déception ou problème à l’arrivée, mieux vaut se renseigner avant. Grâce à internet, rien de plus facile que d’envoyer un message à l’hôtel ou à la guesthouse pour s’assurer que tout est bien accessible en fauteuil et s’il y a un ascenseur.

Un conseil: même si l’hôtel en possède un, mieux vaut réserver une chambre au rez-de-chaussée. En effet, par expérience, rien de plus désagréable que de se retrouver bloqué sans pouvoir rejoindre sa chambre au 3e étage, parce que l’ascenseur est tombé en panne ou qu’il y a une coupure de courant! Et dans certains pays, cela arrive souvent!

ACCESSIBILITE DES SITES

Lors de mes voyages, j’ai été étonnée par le nombre de sites accessibles, même là où on s’y attend le moins. Bien sûr, certains sites demeurent inaccessibles, mais dans ce cas, mieux vaut profiter du moment présent, plutôt que de se focaliser sur ce qu’on n’a pas pu faire. Si vous êtes avec d’autres personnes, laissez les visiter ce qui n’est pas accessible. Attendez les dehors, et profitez des scènes de rue. Regardez autour de vous, le spectacle est là aussi.

Avant de partir, là aussi, j’essaie de me renseigner sur internet, et je note sur mon petit carnet qui ne me quitte jamais (pratique pour tout noter, et fascinant au retour, car bourré de souvenirs). Les guides touristiques, malheureusement, ne possède souvent aucun renseignement sur l’accessibilité. Un vrai manque!

Accueil

Sachez aussi que le fauteuil roulant est un merveilleux atout pour faire des rencontres amicales. Bon nombre de personnes sont étonnées que vous veniez de si loin, et en plus en fauteuil.

Ne vous formalisez pas, ou ne prenez pas la mouche, si l’on vous regarde avec un peu d’insistance, surtout dans les zones peu touristiques. C’est souvent une interrogation pour les personnes que vous croiserez… et non une curiosité malsaine.

Transports

Par contre, suivant les pays, les transports sont parfois compliqués… Monter dans un bus, dans les pays émergeants par exemple, est toute une aventure.

Je privilégie donc l’avion pour les grandes distances, et les voitures avec chauffeur pour les plus courtes. Le train peut être une bonne alternative, mais là encore, tout dépend du pays.

Le formule «voiture + chauffeur» vous présente l’avantage de pouvoir discuter avec une personne du pays, et donc de s’informer, poser des questions, etc. On peut aussi s’arrêter quand on veut. Pas de problème pour transporter le fauteuil, et le fait de se trouver un peu isolé du monde dans un véhicule climatisé, loin du bruit et de la foule, sont des atouts majeurs lorsqu’on se fatigue vite comme moi.

Voilà mes petits conseils, sans prétention aucune… Ce ne sont que mes retours d’expérience, et non un vrai cours sur le voyage en fauteuil. Aussi, pardonnez moi si j’ai omis des choses.

Sur ce… bon voyage!

Myriam aka Sacrebleu38

 

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